Publié le 18 Octobre 2013

Bonjour la compagnie !!

Voici un titre un peu racoleur pour vous compter comment j'ai pris les deux plus belles truites de ma courte vie de pêcheur en 10 jours d'intervalle. Nous sommes en 2013, année particulièrement compliquée pour le pêcheur à vue puisque la meilleure période (avril/mai/juin) a été sabotée par les pluies et les crues incessantes. Même si j'ai pesté tout le début de saison, il faut avouer que ces débits soutenus ont fait le bonheur de nos poissons et finalement c'est grâce à eux que j'ai pu prendre ces deux truites de rêve.

En effet, j'ai observé cette année que la plupart des truites étaient moins méfiantes sur mes nymphes et c'est sans doute lié au fait qu'elles ont été beaucoup moins matraquées que d'habitude. Si bien qu'au mois d’août, lorsque la basse rivière d'ain est enfin descendue dans son lit d'étiage, elle a révélé de nombreux poissons paisibles, une aubaine pour le pêcheur à la mouche !!

Le premier des deux monstres est un vieux poisson connu des pêcheurs du coin. Sa robe grise et son œil gauche vitreux sont caractéristiques et je suis certain que cette truite a déjà vu le fond de plusieurs épuisettes. J'espère d'ailleurs qu'elle en découvrira encore bien d'autres. Mais en ce mois d’août 2013, elle n'a manifesté aucune retenue à engamer goulûment ma petite nymphe. Quel bonheur!! Un saut à l'eau après le ferrage, il a suffit ensuite de brider légèrement le poisson et courir derrière jusqu'à atteindre le milieu de la rivière puis une gravière où l'eau réchauffée par le soleil a rapidement épuisé le poisson. L'été je pêche en pantalon donc pas de risque de remplir les waders! C'est un vrai atout pour pas se poser de question quand on ferre un poisson pareil! Sur le coup, je n'ai pas mesuré l'exploit. Certains poissons plus petits pris plus tôt en saison m'ont donné des combats plus impressionnants, sauf que dans l'épuisette ça faisait long... Je sors le mètre la truite accuse 70 cm. A ce moment là, je suis pris d'un sentiment partagé : "putain ça yé j'ai atteint le Saint Graal, yeeeeeessss!!!!" et en même temps : "tain c'est allé trop vite, et puis elle est pas belle cette truite, trop vieille et trop maigre, l’œil vitreux".

La truite d'une vie ?!!
La truite d'une vie ?!!

Mais 10 jours plus tard, je retourne au bord de la rivière. Il faisait un temps à pas mettre un chat dehors. Une ciel lourd chargé d'éclairs fallait être un peu con pour sortir du carbonne ce jour là surtout après la décharge de grêlons que j'ai pris sur la tête. Mais le jeu en valait la chandelle. Un peu découragé par la mauvaise visibilité, je vais tenter un dernier coup sur un secteur que je ne connais pas. Au départ, je ne prends pas la canne, juste les polars comme ça pour voir...

Je pénètre dans une ripisylve dense et piquante et j'avance jusqu'à la première "trouée". C'est là que j'aperçois un super poisson d'environ 50cm qui maraude, je le laisse remonter vers l'amont et observe son petit manège avant d'aller chercher la canne dans la voiture. Je veux être sûr que ce poisson est bien installé et qu'il ne m'a pas vu. En attendant cette truite, j'aperçois une énorme nageoire bleutée se diriger droit vers moi. Là c'est pas la même histoire !! Le monstre avance droit en ma direction lentement en ouvrant la gueule à droite puis à gauche puis encore à droite. Le spectacle est magnifique mais quel con ma canne est dans le coffre ! A ce moment là j'immobilise tous mes mouvements ça fait mal, ça me gratte et mes lunettes sont pleines de buée tant pis il ne faut pas que cette truite me voit sinon c'est foutu. J'attends comme cela d'éternelles secondes jusqu'au moment où le poisson s'écarte suffisamment loin pour que je cours chercher la marryat!! Le bas de ligne est neuf avec un 12/100ème en pointe que je commence à connaître par coeur. Je choisis une nymphe très light (le même modèle que pour la 70 !) pour ne surtout pas apeurer le poisson et m'en vais me repositionner dans la trouée le plus calmement possible malgrès une légère appréhension. Je sais que si la truite repointe son nez je n'aurais pas le droit à l'erreur... Il se remet à pleuvoir la visibilité est casiment nul, j'ai peur d'avoir louper le timing et commence à douter. L'expérience m'a montré que c'est dans ces moments là que les plus belles opportunités se présentent. Ne jamais rien lâcher et continuer à y croire.

La voilà qui revient, elle prend des nymphes entre deux eaux. Elle approche lentement. "A quel moment vais-je arbaléter ma nymphe?? Quelle distance??" j'attends elle arrive...ploc la nymphe perce la surface et stagne là entre deux eaux. La truite la voit en d'un coup de caudal vient tranquillement s'en saisir. Instant magique !!! Elle est au bout et s'en va tout en puissance dans le fond de la rivière. Le combat semble interminable dans les profondeurs quand petit à petit la truite vient percer la surface de ces coups de tête et queue. "Il me la faut celle là !! pourvu qu'elle ne redescende pas au fond... " Et zzzzzzzzzz c'est reparti pour un rush dans les abisses. Elle finira par se rendre et combler tous mes désirs de pêcheurs exigeants : forme parfaite, robe sublime, combat incroyable et surtout une traque des plus palpitantes. Quelques photos et la truite retrouvera son élément en pleine forme. Sur le mètre on ne dépasse pas le graal avec ses 68 cm, mais sur l'échelle du plaisir on est très haut !!!

La truite d'une vie ?!!
La truite d'une vie ?!!

La taille du poisson c'est toujours simpa pour fanfaronner auprès des copains mais un beau coup de ligne c'est un tout et cette truite m'a presque fait oublier toutes les autres...

En espérant que ces quelques lignes aideront leurs lecteurs à patienter ces longs mois d'hivers...

A bientôt au bord de l'eau...

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Rédigé par Mainger

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